lundi 30 avril 2012

le déjeuner sur l'herbe

la fenêtre est ouverte sur la rue, elle joue une sonate, il attend en bas, immobile devant la fenêtre il écoute et ne sonnera qu'une fois le morceau terminé. Pendant qu'elle joue Beethoven, elle ne sait pas tous ce qui se passe en bas, dans la rue cachée par les arbres. Elle ne sait pas encore qu'il croisera B. et que tous deux l'écoutent en silence, elle l'apprendra plus tard le soir, en découvrant un message sur son portable, il est devant ton immeuble et il t'écoute jouer... Elle sourira, comme elle a souri toute cette journée, et toute la journée d'hier. Il montera les deux étages, ensemble ils glisseront la couverture, le pain, les radis, les fraises et une bouteille de mousseux dans le panier, chacun portera une anse et l'après-midi au parc passera vite, si vite. Ils parleront de leurs lectures, et c'est ça qu'elle aime aussi, leurs échanges, Milan Kundera, Truman Capote, la diversité. A eux deux, elle a l'impression qu'ils pourraient enlacer toute la terre. A présent ils marchent dans le soleil déjà bas, elle saute dans un métro et lorsque plus tard il y aura un prétexte pour se parler encore, elle aimera le son de sa voix, un peu plus grave au téléphone. Peut-être bien qu'elle tombe amoureuse. Lui, on ne sait pas.

6 commentaires:

  1. Sans jasements inopportuns, cette toison d'or de l'amour va t'en faire traverser des fleuves!

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  2. c'est bien de remettre le verbe jaser au goût du jour :)

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  3. Il serait bien de le conjuguer au futur. Au présent, et au futur.

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  4. L'imparfait fonctionne bien aussi.

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